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Marco et la quête du contenu local congolais…

Mis à jour : 5 nov 2018


Décembre 2025 en RDC, Marco est de retour d’un long séjour en Europe. A l’instar de nombreux compatriotes congolais, il a entendu parler des miracles la politique du contenu local en RDC. Malgré ses nombreuses recherches, Marco n’a toujours pas trouvé de définition claire de ce concept, mais l’appréhender est crucial pour lancer son entreprise en RDC.

Dans un restaurant huppé de Lubumbashi, il questionne son vieil ami, Patrice, sur le sujet. Ce dernier est DG d’une grosse multinationale minière. «Tu sais, Marco, le contenu local veut juste dire que les grands groupes multinationaux doivent avoir un certain pourcentage d’employés congolais non seulement dans des postes d’exécution simple mais aussi des positions de management. Nous, le groupe Xx, nous avons graduellement augmenté notre quota de congolais, permis un transfert de technologie et la création d’un savoir local réel. À cela, nous ajoutons parfois la nécessité de mettre en place des initiatives sociales avec un impact local immédiat. Et oui Marco, ça c’est le contenu local de chez nous ! ».

Sur le vol de retour de Lubumbashi vers Kinshasa, Marco voyage à côté du conseiller du ministre de l’Industrie, Mr Tula. Quelle occasion rêvée pour poser sa question sur ce qu’est le contenu local congolais ! Mr Tula s’empresse de répondre : « Mr Marco, pour nous le contenu local passait nécessairement par l’ouverture du capital de certaines compagnies aux congolais. On ne pouvait plus accepter des structures d’actionnariat 100% étrangères dans des secteurs stratégiques au développement de la RDC. Il fallait favoriser l’entrée d’actionnaires congolais pour créer des partenariats forts, permettant d’orienter les fruits de la production vers le bien être des locaux et pas uniquement l’exportation ! C’est ça le contenu local de chez nous ! »

À Kinshasa, Marco termine le dossier de création de sa société au Guichet Unique et croise Jacques, un « serial entrepreneur »  congolais qui a réussi notamment dans l’agro-business.              La même question surgit sur le contenu local congolais. Jacques, fort de nombreuses années d’expérience en tant que chef d’entreprises s’exclame: «Mr Marco, ce contenu local, c’est une utopie ! Ce qu’il faut, c’est s’assurer que des entreprises congolaises participent à la création de la chaine de valeur peu importe le secteur (mines, agriculture, hydro, etc.). Vous savez, cela ne se fait pas du jour au lendemain, mais certaines activités techniques peuvent graduellement être prises en charge par les locaux par un transfert accéléré de technologie et la création de centres de compétences régionaux! Ce modèle, je l’ai observé au Nigeria et également au Brésil lors de mes différents séjours. Comment croyez-vous que les pays scandinaves ont fait pour maitriser toute la chaine de valeur de production dans le secteur pétrolier? Dans ma dernière entreprise, j’ai intégré les techniques de transformation de groupes agro-industriels étrangers et aujourd’hui, je suis en compétition avec eux pour la production de jus de fruits locaux selon les normes et j’exporte même dans la sous-région. Nous avons juste progressivement intégré et amélioré les techniques de transformation de purée de fruits que nos concurrents occidentaux déployaient avec des produits importés pour les qualifier ensuite de « made in Congo ».  Nous nous faisons du vrai made in Congo, Mr Marco !  J’ai plus de 90% d’employés congolais sortis des universités locales. Est-ce impossible ? Non ! Ça c’est du contenu local, cher ami ! »

Marco est confus. Chacun lui fournit sa propre définition mais cela semble fonctionner vu le taux de croissance à deux chiffres de la RDC en cette fin d’année 2025.

Dans la soirée, Marco reçoit un appel de son ami, Patrice, de Lubumbashi se plaignant de sa journée. « Marco, tu sais, ici malgré nos grands progrès dans le contenu local, je suis toujours incapable de comprendre pourquoi nous ne transformons pas le cuivre jusqu’au produit final? J’attends la livraison de ces câbles de Chine avec plus de deux semaines de retard et ça met nos projets au ralenti. Ne pouvons-nous pas transformer ce cuivre en câble et en être les premiers utilisateurs ? »

Marco s’interroge. « N’est-ce pas la finalité ultime de ce contenu local ? Combiner actionnariat et quotas d’employés congolais, intensifier le transfert de technologie, favoriser la maitrise de la chaine de valeur par des PME du tissu local et, surtout, consommer certains de ces produits transformés localement? » 

Il se demande comment la RDC de 2025 a réussi à intégrer ces concepts ? En surfant sur le net  via sa connexion à haut débit gratuite de la ville de Kinshasa, Marco retrouve une vielle publication émise en 2018 par le Ministère du Plan et de l’industrie: RDC- Contenu local, vision 2025. A la lecture du document, il comprend que la mise en place d’un cadre légal fort multisectoriel (hard policies) a favorisé au niveau national (lois) et régional (décrets provinciaux) l’implémentation de quotas et la nécessité d’avoir des actionnaires congolais. Différentes conventions d’entreprises (soft policies) ont été signées entre les groupes internationaux et les gouvernorats provinciaux facilitant le transfert de technologie et la création de centres de compétences. Pour intensifier le rôle des PME dans la chaine de création de valeur, des étapes spécifiques dans la transformation des matières premières et agricoles ont été exclusivement réservées aux PME congolaises permettant une accélération des compétences et la création d’écosystèmes par secteur au travers des 26 provinces sous l‘impulsion et le lobbying des organisations syndicales et patronales congolaises. Enfin, la coordination de la mise en place de la politique de contenu local a été confiée à un organe indépendant composé d’experts du secteur public et privé. Telle est la recette du succès du contenu local congolais, celle qui explique ce fabuleux taux de croissance à deux chiffres de fin 2025.

Monsieur Marco, Monsieur Marco, réveillez-vous !  Nous allons atterrir à Kinshasa , vous rêviez à haute voix. Veuillez attacher votre ceinture ! 

Quel jour sommes-nous Madame ? Le 03  janvier 2018, Monsieur, bon séjour en RDC.


Emile Osumba

Atelier contenu local - Kinshasa 2018